C'était il y a quelques années. Je m'ennuyais à mourir, et j'ai entendu de la musique dans la chambre de ma s½ur. Alors discrètement je suis sortie de ma chambre, me suis dirigée vers la musique. Et je l'ai entendue chanter. Un petit instant, je suis restée dans le couloir à l'écouter. Elle avait la voix légèrement rauque, grave, et étonnamment juste. Puis j'ai regagné ma chambre, avec l'impression d'avoir appris un grand secret.
Je suis retombée la semaine dernière sur cette chanson, que je pensais avoir complètement oublié.
Il y a des souvenirs, comme ça, que l'on efface avec le temps, parce qu'ils nous semblent futiles, et qui finalement reviennent comme par flash quand on prend le temps d'y réfléchir. Ce jour-là, j'étais seule chez moi avec ma s½ur, justement. Elle, ne doit pas se souvenir de ce jour-là. C'est comme un petit secret que j'étais la seule à connaitre. Et j'en étais très fière, de percer cette certaine sensibilité chez elle.
Ce soir, je chante la même chanson. La voix un peu cassée, grave, parce que j'ai pleuré, je l'avoue. Et je chante cette chanson qui a résonné pour la première fois en mes oreilles ce jour-là. Comme un hommage, parce que je me rends compte à quel point elle me manque.
Plus que jamais je ressens le besoin de m'éloigner de ma famille qui dans le fond me rend triste, mais plus que jamais je ressens le besoin de l'avoir auprès de moi. C'est dur de savoir que ce n'est pas tellement possible. Et j'ai beau me dire qu'il faudrait que j'appelle, jamais je n'y arrive réellement. Par fierté, peut-être, ou je ne sais quoi ? Vous remarquerez donc que ce soir, je laisse tomber un peu le masque, je baisse ma garde, parce que je suis un peu las.
C'est une étrange sensation. Celle de se sentir tellement mal, et tellement bien à la fois. Quand on se dit que tout pourrait aller bien dans notre vie, mais qu'il y a toujours quelques éléments qui repassent en boucle dans notre tête, avec comme objectif d'assombrir notre ciel. C'est comme un manège qui ne s'arrête pas. Vous finissez par avoir le tournis, avec comme seule hâte de quitter
l'attraction le plus rapidement possible. J'ai le
tournis.
PS : Cet article, je me demande si je vais vraiment
le laisser longtemps en ligne. Ca a beau être mon
blog, j'aime pas raconter directement ma vie privée,
je trouve ça limite gênant. Et puis les gens pourraient
se poser des questions, et c'est pas bien. Ha et au
fait, la chanson pour les curieux, c'est Killing me Softly.